Découverte étonnante : des abeilles capables de survivre sous l’eau pendant des mois !

Une récente étude menée par des chercheurs canadiens a révélé une capacité surprenante chez les bourdons communs de l’Est : ils peuvent survivre sous l’eau pendant plusieurs mois lors de leur période de diapause, une forme d’hibernation. Cette découverte fortuite pourrait avoir des implications importantes pour la compréhension de la résilience de ces pollinisateurs face aux changements climatiques.

Une découverte inattendue grâce à un « accident » de laboratoire

Les scientifiques de l’Université de Guelph, au Canada, ont fait cette découverte par hasard lors d’une étude sur la diapause des bourdons. En effet, une « négligence expérimentale » a conduit à l’accumulation d’eau dans les conteneurs où les reines bourdons étaient en diapause. Après avoir drainé l’eau, les chercheurs ont été surpris de constater que certaines reines étaient encore en vie.

Intrigués par cette observation, ils ont décidé de mener une expérience plus approfondie pour tester les capacités de survie des bourdons sous l’eau. Ils ont ainsi placé 143 reines de bourdons communs de l’Est dans des tubes remplis de terre, puis les ont mis en diapause dans une unité de réfrigération pendant une semaine.

Une expérience simulant différents scénarios d’inondation

Les chercheurs ont ensuite séparé les tubes en plusieurs groupes :

  • 17 reines ont été maintenues au sec pour servir de groupe témoin
  • 126 reines ont été immergées dans de l’eau froide pendant 8 heures, 24 heures ou 7 jours
  • La moitié des reines immergées ont été laissées flotter naturellement à la surface de l’eau, tandis que l’autre moitié a été doucement pressée vers le fond à l’aide d’un appareil ressemblant à un piston

Cette approche visait à simuler différents scénarios d’inondation, allant de fortes pluies saturant le sol pendant une courte période à une inondation complète submergeant la zone. La variable du piston permettait de reproduire des situations où l’eau pénètre dans le terrier sans le remplir complètement, comme lors de la fonte des neiges.

Un taux de survie remarquable après une semaine sous l’eau

Après avoir sorti les reines de l’eau, les scientifiques les ont transférées dans des tubes de terre normale et les ont conservées au froid pendant huit semaines supplémentaires, afin que toutes les reines bénéficient d’une diapause équitable, à l’exception de l’inondation.

Les résultats ont été stupéfiants : sur les 21 abeilles ayant passé une semaine sous l’eau, 17 étaient encore en vie huit semaines plus tard, soit un taux de survie de 81%. En comparaison, parmi les 17 abeilles restées au sec, 15 ont survécu, soit un taux de 88%.

Des implications pour la résilience des bourdons face au changement climatique

Cette étude met en lumière l’incroyable capacité d’adaptation des bourdons communs de l’Est face aux inondations. Cette découverte est particulièrement importante dans le contexte actuel de changement climatique, qui s’accompagne d’une augmentation des événements météorologiques extrêmes.

En effet, la diapause est une période critique pour la survie des bourdons, car les reines doivent non seulement survivre plusieurs mois sans nourriture dans le froid, mais aussi émerger au printemps avec suffisamment d’énergie pour établir une nouvelle colonie. Les stress environnementaux, tels que les inondations, peuvent mettre en péril cette étape cruciale du cycle de vie des bourdons.

Grâce à cette étude, nous savons désormais que les bourdons communs de l’Est ont évolué pour résister à ce type de stress, ce qui pourrait leur conférer une meilleure résilience face aux changements climatiques. Ces informations pourraient aider les scientifiques à mieux comprendre et à protéger ces pollinisateurs essentiels à notre écosystème.

Cette découverte souligne également l’importance de la recherche scientifique et de la curiosité des chercheurs. C’est grâce à un « accident » de laboratoire et à la persévérance des scientifiques que cette capacité étonnante des bourdons a pu être mise en évidence. Nul doute que de futures études permettront d’en apprendre encore davantage sur ces fascinants insectes et leur capacité à s’adapter à un environnement en constante évolution.

En résumé, la découverte de la capacité des bourdons communs de l’Est à survivre sous l’eau pendant leur diapause est une avancée majeure dans notre compréhension de la résilience de ces pollinisateurs face aux changements climatiques. Cette étude ouvre la voie à de nouvelles recherches passionnantes sur les mécanismes d’adaptation des bourdons et à l’élaboration de stratégies de conservation plus efficaces pour protéger ces insectes indispensables à notre biodiversité.

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