Les eaux de la Méditerranée atteignent des températures sans précédent pour cette période de l’année, avec des anomalies allant jusqu’à +4°C par rapport aux moyennes habituelles. Un réchauffement préoccupant, qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur le climat et la météo des régions côtières. Explications.
Un rythme de réchauffement 20% plus rapide que la moyenne mondiale
Selon le Centre d’Études Environnementales de la Méditerranée (CEAM), la Méditerranée connaît actuellement des températures jamais enregistrées depuis le début des relevés en 1982. Dans certains secteurs, comme la mer Adriatique et la mer Égée, les anomalies atteignent même +4°C par rapport aux normales de saison.
Ce réchauffement s’inscrit dans un contexte global de hausse des températures liée au changement climatique, qui impacte durement les mers et océans. Mais la Méditerranée est particulièrement touchée : selon un rapport du WWF, elle se réchauffe à un rythme 20% plus rapide que la moyenne mondiale. Une situation alarmante pour cet écosystème fragile et les populations qui en dépendent.
Dorsales anticycloniques et absence de Tramontane en cause
Deux facteurs principaux expliquent ces anomalies thermiques. D’une part, de grandes entrées d’air chaud liées à la présence de dorsales anticycloniques subtropicales sur la région. D’autre part, l’absence de vent de Tramontane, qui habituellement fait remonter les eaux froides des profondeurs.
Selon les experts, on assiste à une diminution drastique du nombre de jours de Tramontane, ainsi que de la durée des épisodes. En 2022, un minimum historique a été atteint avec seulement 41 jours de Tramontane à plus de 50 km/h, contre une moyenne de plus de 3 jours consécutifs à la fin des années 1990. Un déficit de vent froid qui favorise le réchauffement de surface.
Nuits tropicales précoces et orages violents à craindre
Si ces anomalies persistent et s’amplifient, elles pourraient avoir des conséquences notables sur le climat côtier. Parmi les effets redoutés, une arrivée précoce des nuits tropicales, où la température ne descend pas sous les 20°C du coucher au lever du soleil. Un phénomène déjà observé à Majorque début avril, avec près d’un mois d’avance.
Autre risque pointé par les météorologues : le déclenchement d’orages plus violents et d’épisodes de pluies torrentielles, si les conditions atmosphériques s’y prêtent. L’excès de chaleur dans les eaux de surface fournit en effet un carburant supplémentaire à la convection, favorisant la formation de phénomènes météo extrêmes.
Un signal d’alarme pour l’avenir de la Méditerranée
Ce nouveau record de températures en Méditerranée est un signal préoccupant pour l’avenir de la région. Il confirme la tendance au réchauffement accéléré de cette mer semi-fermée, particulièrement vulnérable au changement climatique.
Au-delà de son impact sur la météo, cette hausse des températures menace tout l’écosystème méditerranéen, de la biodiversité marine aux activités humaines comme la pêche ou le tourisme. Elle accentue aussi les risques de sécheresse et de feux de forêt sur le pourtour méditerranéen.
Face à ce constat alarmant, une action urgente s’impose pour limiter le réchauffement global et préserver ce joyau naturel qu’est la Méditerranée. Car c’est bien l’avenir de tout un bassin de vie, partagé par des millions d’habitants, qui est aujourd’hui en jeu.