Les turbulences en avion s’aggravent avec le changement climatique, alerte un expert

Sergio Hoyas, professeur d’ingénierie aérospatiale à l’Université Polytechnique de Valence, tire la sonnette d’alarme : les turbulences et les orages s’intensifient, notamment au-dessus de l’Atlantique Nord, en raison du changement climatique. Une tendance inquiétante qui pourrait accroître les accidents à bord des avions dans les années à venir.

Un phénomène illustré par l’incident du vol Singapour-Londres

L’expert explique le mécanisme à l’origine d’incidents comme celui qui a secoué mardi un avion de la compagnie Singapore Airlines reliant Londres à Singapour. L’appareil a été frappé par de « fortes turbulences », faisant un mort (probablement d’une crise cardiaque selon le directeur de la compagnie) et 30 blessés, dont 7 dans un état critique.

Quand un avion vole à haute altitude, l’air est très stratifié et calme. Normalement, sa perturbation par l’aéronef ne pose pas de problème. Mais si cet air est « très désordonné », les ailes commencent à bouger de façon anormale, altérant la portance.

« L’avion ne va pas tomber, mais les passagers peuvent être blessés »

Sergio Hoyas se veut rassurant : dans ces circonstances, « l’avion ne va jamais être en grave danger, il ne va pas tomber ou se briser comme dans les films ». En revanche, les passagers risquent des blessures dues à des chocs, équivalents à une chute de deux à trois mètres s’ils n’ont pas attaché leur ceinture, ou à la chute de bagages.

Avec le changement climatique, le nombre de grosses tempêtes ou de courants inattendus augmente. Des études du scientifique britannique Paul Williams prédisent même une hausse de 50% des problèmes majeurs de turbulences et de la gravité des accidents en vol dans les prochaines années. Mais même dans ces conditions, « l’avion n’aura jamais de graves problèmes de stabilité », précise le professeur.

Le conseil clé : garder sa ceinture attachée

« L’intégrité de l’avion ne sera jamais mise en péril, il ne va pas tomber. Le problème, c’est si vous n’avez pas votre ceinture de sécurité, vous vous cognerez au plafond », souligne Sergio Hoyas. Il recommande de garder sa ceinture bouclée pendant tout le vol lors des trajets au-dessus de l’Atlantique Nord, zone particulièrement affectée par les modifications du Gulf Stream et du jet-stream polaire.

Une nouvelle technique pour étudier les turbulences

Le professeur Hoyas fait partie d’une équipe internationale qui a mis au point une nouvelle méthode permettant d’étudier les turbulences de manière inédite. Une avancée qui pourrait contribuer à mieux comprendre et anticiper ces phénomènes, pour une sécurité accrue des vols.

Car si les avions sont conçus pour résister à ces secousses, les passagers, eux, restent vulnérables. Un rappel de l’importance des consignes de sécurité, trop souvent négligées. Avec l’intensification attendue des turbulences dues au dérèglement climatique, mieux vaut prévenir que guérir. Et pour voyager l’esprit tranquille, rien ne vaut une ceinture bien bouclée.

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