Face à la recrudescence des interactions entre orques et embarcations au large de Cadix, les ministères de la Transition Écologique et des Transports ont publié une série de recommandations à l’attention des navigateurs. L’objectif : minimiser les risques pour les équipages et les cétacés, alors que la période estivale s’annonce propice aux rencontres.
Éviter la navigation dans le Golfe de Cadix jusqu’en août
Avec le retour des beaux jours, les envies de navigation reprennent. Mais entre avril et août, les eaux du Golfe de Cadix et du Détroit de Gibraltar sont le théâtre de nombreux « incidents » impliquant des orques, à l’image de ceux provoqués l’an dernier par Gladys et sa bande. Pour limiter ces interactions parfois dommageables, la consigne générale est claire : éviter de naviguer dans cette zone jusqu’en août, période de forte probabilité de rencontre avec ces mammifères marins.
Si la navigation ne peut être différée, il est recommandé de rester au plus près des côtes, dans les limites de sécurité. Une façon de limiter les risques de croisement avec les orques, qui évoluent plus au large.
Que faire en cas de rencontre ?
Si malgré ces précautions, une orque venait à interagir avec un bateau, les ministères préconisent de ne pas stopper l’embarcation, qu’elle soit à moteur ou à voile. Il faut au contraire continuer à naviguer vers la côte, en direction d’eaux moins profondes. L’idée est d’inciter l’animal à s’éloigner, sans pour autant le brusquer.
Pendant cette manœuvre, il est important de garder son calme et d’éviter tout geste susceptible de blesser ou de stresser l’orque. Les passagers doivent rester éloignés des bordés et se tenir dans des zones protégées, pour parer à d’éventuels mouvements brusques. Surtout, il ne faut en aucun cas tenter de dissuader le cétacé par des comportements agressifs, qui pourraient le blesser ou le tuer.
Signaler l’interaction aux autorités
Une fois la rencontre passée, il est demandé aux navigateurs de notifier l’avistage au Centre de Coordination de Sauvetage le plus proche, par VHF. Si cela ne présente pas de danger, il est également conseillé de prendre des photos des orques impliquées et de les transmettre aux autorités, pour améliorer le suivi et l’identification des individus.
Ces recommandations sont le fruit d’un atelier réunissant des experts des deux ministères, qui ont conclu que les interactions entre orques et bateaux n’étaient pas des agressions, mais plutôt des comportements de jeu ou de socialisation. Ils invitent d’ailleurs à ne pas parler « d’attaque », un terme jugé inapproprié et infondé.
Une population vulnérable et protégée
Il faut dire que les orques du Détroit de Gibraltar et du Golfe de Cadix constituent une population vulnérable, qui bénéficie d’un plan de conservation. Depuis 2007, une loi interdit de les tuer, les capturer, les pourchasser ou les perturber. Il est notamment proscrit de s’en approcher à moins de 60 mètres en bateau, de les nourrir ou de les attirer/repousser par des bruits forts ou aigus, y compris sous l’eau.
L’an dernier, l’équipage d’un voilier avait ainsi essuyé des tirs sur un groupe d’orques, un acte illégal et dangereux pour ces animaux protégés. Un exemple à ne surtout pas suivre, au risque de lourdes sanctions.
Au final, ces consignes visent à favoriser une cohabitation plus harmonieuse entre activités nautiques et vie marine. Un équilibre fragile, qui passe par le respect et la compréhension mutuelle. Car si les « facéties » des orques peuvent surprendre ou inquiéter, elles ne doivent pas faire oublier la beauté et la richesse de ces rencontres inattendues. À nous de savoir les apprécier, tout en préservant la sécurité de tous.