Des embryons de poisson-zèbre à bord de la station spatiale chinoise Tiangong aux vairons qui ont été les premiers poissons dans l’espace en 1973, les « aquastronautes » ont beaucoup à nous apprendre sur les effets de la microgravité sur les organismes vivants. Découvrez pourquoi ces petits poissons sont devenus des modèles incontournables pour la recherche spatiale.
Les pionniers de l’espace : les vairons de Skylab 3
En 1973, près d’une décennie avant que Sally Ride ne devienne la première Américaine dans l’espace, deux modestes petits vairons ont été les premiers poissons à voyager dans l’espace. Ces petits poissons ont décollé à bord de l’une des célèbres capsules de l’équipage d’Apollo dans le cadre de la mission Skylab 3, d’une durée de trois mois.
Pendant trois semaines, les poissons ont évolué dans leur aquarium en sac plastique, totalement désorientés par l’absence de la gravité terrestre familière, jusqu’à ce qu’ils retrouvent enfin leurs repères et puissent à nouveau nager droit. Ces deux vairons (plus 48 autres éclos à bord de Skylab 3) ont été les premiers d’une longue lignée de poissons orbitaux qui nous ont beaucoup appris sur la façon dont la microgravité affecte les créatures vivantes.
Les poissons-zèbres, des modèles pour la recherche spatiale
Près de 50 ans plus tard, quatre poissons-zèbres nagent à bord de la station spatiale chinoise Tiangong, s’adaptant à leur étrange environnement spatial. Contrairement à leurs prédécesseurs, ils vivent dans un écosystème autonome, le premier du genre. Cette expérience vise à étudier comment la microgravité affectera le cycle de vie des poissons et d’autres cycles naturels au sein de leur environnement clos.

Les poissons-zèbres sont un excellent exemple d’organisme modèle, une espèce largement étudiée pour nous aider à comprendre un aspect particulier de la biologie, souvent de manière impossible à expérimenter sur les humains. Bien qu’ils puissent sembler très différents de nous, les poissons-zèbres ont en réalité :
- La plupart des mêmes organes principaux que les humains
- Un fonctionnement corporel similaire, jusqu’au niveau cellulaire
- Une transparence totale avant l’éclosion, permettant d’observer leur développement
- Une génétique plus facilement manipulable pour des expériences impossibles sur l’homme
Des expériences spatiales variées avec différentes espèces de poissons
De nombreuses autres espèces de poissons ont également volé dans l’espace, contribuant chacune à leur manière à la recherche spatiale :
- Les poissons-crapauds, pour étudier la réadaptation du cerveau à la gravité terrestre
- Les médakas, pour suivre la perte de densité osseuse et la dégradation de l’ADN par les radiations spatiales
- Les guppys, salamandres et tritons, pour étudier l’équilibre, la perception de l’espace et les comportements d’accouplement
Tout comme les astronautes humains, les poissons sont soigneusement choisis pour aller dans l’espace, toujours dans un but précis. Des vairons aux poissons-zèbres en passant par bien d’autres espèces, nos petits amis aquatiques ouvrent la voie à l’exploration spatiale en toute sécurité, en nous permettant de comprendre comment préserver notre santé en microgravité.

Alors que l’humanité se prépare à de futures missions de longue durée, notamment vers Mars, les enseignements tirés de ces expériences sur les poissons seront cruciaux pour garantir le bien-être des astronautes. Des pionniers de l’espace aux modèles biologiques d’aujourd’hui, les « aquastronautes » ont encore beaucoup à nous apprendre sur la vie dans l’espace.